Refaire le plein à Gero

Ceci est un vieil article que j’avais écris en fin Janvier; j’en ai plusieurs autres comme ça donc, pardonnez mon manque de nouvelles et prenez le temps de tout lire bien tranquillement!

gero-gero, gero-gero
le nom de cet endroit fait très « grenouille ». Et pour cause, on y a trempé comme des petites bêtes bien à l’aise. Période d’examens, premier stresse intense et besoin de performance depuis notre arrivée; on a décidé de faire baisser la pression par une journée à Gero-Onsen, dans la préfecture de Gifu. Je le répète à nouveau, j’adore la préfecture de Gifu. Directement à côté de celle de Aichi, son climat est pourtant bien différent. Comme on monte vers la mer du Japon (au Nord-ouest), le climat est beaucoup plus humide et donc plus neigeux! Sans compter les magnifiques montagnes qui bordent la route jusqu’à notre destination, j’avais les deux pattes bien appuyées sur la fenêtre du bus afin de pouvoir admirer le paysage. Comble du bonheur: à un certain point, nous avons longé une rivière dont l’eau turquoise descendait la montagne. Vraiment magnifique!

c’est pas beau, toute cette nature là?

perdus; que les dieux bénissent les smartphones

La guerre des tuques (sans tuques parce qu’apparemment  c’est un truc canadien de porter un chapeau en hiver). 

Nous y sommes allés par le bus qui déssert le village à partir de Nagoya; arrivés vers 16h, on s’est rapidement lancés dans une bataille de boules de neige en pleine rue. Nous nous sommes perdus, avons bien marché dans le village, puis avons trouvé notre ryokan (dont j’ai oublié le nom…). Bien enthousiastes, on profite un peu de notre chambre en buvant du thé, puis on décide d’aller tester le onsen intérieur de l’établissement.

le nom du Ryokan est écrit ici (première late à la droite du panneau), mais je ne peux pas le lire😦 par contre, le nom des clients attendus dans la journée est écrit sur les autres lates, et ça, c’est très classe. 

C’était plutôt comique, environ 6-7 filles dans la salle de bain qui essaient de faire semblant de rien en se disant « ouaaaii ça va quoi, on va se voir à poil dans quelques minutes mais pas grrraaavve! » alors que si, ça nous fout la pression, même si la plupart d’entre nous avaient déjà testé les bains publiques avant. L’une d’entre nous soupir même « ok guys, it was nice meeting you… » comme si on allait « sauter une étape mortelle sur le chemin de la vie ». M’enfin, une fois le froid sur les fesses passé, on s’amuse bien.

Et là, après s’être lavées, on entre dans la bassine de pierres, directement alimentée en eau bouillante qui sort de la terre. Et c’est comme si une corde tendue cédait subitement; en quelques minutes, on est dans un état de détente incroyable. Les muscles lâchent prise progressivement et c’est le bonheur.

Puis vient le temps de la bouffe; dans le prix de la chambre, on avait également inclus le souper et le déjeuner du lendemain. Et croyez-moi, on est rarement déçus par la bouffe de Ryokan. Généralement, il s’agit de spécialités locales et de saison, qu’on déguste avec une tasse de thé ou, dans notre cas, quelques bouteilles de bière (héhé). Sans compter que la soupe miso et le riz sont à volonté, on en ressort généralement bien heureux (et bien remplis).

belle brochette de joyeux lurons tous propres

Après le souper, un peu de glandouille (faut bien que ça se digère ce repas-là!) puis hop, on sort dehors dans le froid pour aller voir les feux d’artifice. Ça ne dure pas très longtemps, mais c’est bien joli. Comme on a pu le remarquer, les japonais ne font pas « ooooohhh » en regardant les spectacles pyrotechniques; contrairement à mon amie et moi. À la fin, d’autres spectateurs se sont [gentiment, j’en suis sure] moqués de nous en nous imitant. Bon bon… On rentre à l’auberge pour se réchauffer ENCORE dans le onsen. Ouais, la grosse vie sale mes enfants.

le canal qui traverse la ville

on a pas trop compris le principe, mais y’avait une statue de Charlie Chaplin dans la ville. Avec un coeur en lumières de noël en arrière de lui. On a fait les singes, comme d’habitude.

En soirée, on s’amuse un peu tous dans la chambre en jouant au « loup-garou », après avoir regardé la télé. Je m’endors après quelques parties (que voulez-vous, tant de dur labeur pendant cette journée).

« I’m in a bed! »

Le lendemain, déjeuner puis dernier tour à l’onsen et c’est le départ.

petit dej’ – le Konyaku maison était dé-li-cieux! (le truc gris avec du wasabi, en bas du plateau). Et que dire du miso-grillé (on peut GRILLER du MISO! incroyable!!).

Adieu Gero, toi et tes eaux brûlantes qui font disparaître la cellulite (c’est vrai!).

Escapade à Tokyo // Voyage du nouvel an partie 2

Le 2 janvier, après avoir passé plusieurs jours chez mon ancienne famille d’accueil, je retrouvais mes amies de NagoyaU pour nous promener dans Tokyo. On a marché toute la journée, visiter des tonnes de quartiers (aoyama, akasaka, shibuya, etc), on s’est perdues, arrêtées dans un starbuck, on a mangé des soupes de nouilles chinoises un peu spéciales, magasiné dans shibuya (j’ai enfin trouvé des souliers confortables à ma taille; des Converse noires!! J’ai abandonné les autres sur le champ, au grand étonnement du vendeur. Je crois que les japonais n’abandonnent pas leurs souliers au magasin comme je fais souvent. Meh!)

C’est aussi pendant cette journée que je me suis aperçue que mon nouveau sac de voyage que je trouvais bien mignon est tout sauf pratique et beaucoup trop lourd. Qu’à cela ne tienne, je visiterai cette ville coûte que coûte (ça m’a coûté 2 épaules en feu).

Après tous ces amusements, je me dirige vers mon auberge, le Khaosan Tokyo Samurai! À 2200 yens la nuit en plein Asakusa, on ne s’en plaint pas, surtout que j’ai réservé 1 semaine à l’avance seulement.

L’établissement est coincé en plein milieu d’un quartier résidentiel, tout à l’intérieur est très propre, bien aéré et comme ses employés, est surtout très convivial. J’ai adoré prendre mon café le lendemain matin sur la terrasse, après avoir passé une assez mauvaise nuit ponctuée de cauchemars à propos de mes cours de japonais qui recommencent cette semaine.

Après le café matinal, je me mets en quête d’un petit café pour déjeuner puis aller visiter le Sennoji de bon matin. Quelle ne fut pas ma déception de trouver, déjà à 9h le matin, la Kaminarimon cernée de touristes qui se prennent mutuellement en photo. Sur le coup ça m’a découragée, mais j’ai trouvé mon bonheur en me dirigeant vers les petites rues qui entourent le temple, en marchant toujours plus loin des spots touristiques. J’y ai vu de petites rues résidentielles vraiment magnifiques.

Ensuite, direction Harajuku! Comme je n’avais pas trop d’idée sur les spots intéressants à visiter et que les soldes de début d’année étaient encore en cours, je me suis dite que j’allais faire la Takeshita-dori de long en large et me trouver plein de vêtements un peu étranges. Malheureusement pour moi, mon souvenir de cette rue était tout enrobé de sucre; je ne me rappelais plus que la majorité des magasins vendaient tous pas mal la même chose et visaient surtout une clientèle entre 13 et 18 ans. Encore une fois, je me replie sur les petites rues environnantes pour y trouver une impression de calme au milieu de la tempête.

Les quartiers résidentiels bordant Harajuku et Shibuya sont vraiment superbes et truffés de petits magasins qui vendent de tout. Mais attention, c’est cher hein! [Je tiens à préciser que mes achats se sont limités au H&M et American Eagle Outfiters, parce que je suis pauvre, voilà.] Mais ça a été une superbe promenade.

À me rappeler pour mes prochaines excursions: un sac à bandoulière est encombrant ET lourd ET chiant. Doublé d’un sac en papier à trainer à bout de bras, on se fatigue vite. À 15h j’étais assise dans un Starbuck à écrire dans un carnet en me disant que je ne bougeais plus de là avant de devoir prendre mon bus le soir même. C’était sans compter l’appel de mon amie pour aller voir la Tour de Tokyo. Re-hop dans le métro, exclamations de joie et d’admiration devant le monument tout éclairé, visite au 1er palier (la vue en vaux le prix) etc. Mes amies doivent retourner à leur auberge pour chercher leurs baggages, on est pressées par le temps, on oublie finalement notre pèlerinage au Burger King (mes amies étant française et italienne n’en ont jamais mangé! Nagoya est aussi dépourvue de cet exquis burger, quel dommage) puis on se sépare pour aller prendre nos bus respectifs. J’arrête manger un petit quelque chose au Konbini, puis c’est direction maison à Nagoya!

En sortant à la station de mon quartier, j’avoue que j’ai eu un petit feeling de « ah, je suis enfin revenue! ». Moi qui croyait avoir perdu tout repère, je me suis moi-même surprise.

Nouvel an en famille // voyage de fin d’année partie 1

Le temps des fêtes est officiellement terminé au Japon; dans les jours suivants le 3 janvier, tous les magasins reviennent à un horaire normal, les salary men retrouvent leurs bureaux, l’école recommence pour les étudiants. Pour ma part, j’ai jusqu’au 7 au matin pour profiter de mes vacances, ensuite je retournerai astiquer les chaises de NagoyaU.

En septembre, alors que j’avais retrouvé ma famille d’accueil de 2005-2006 lors de mon voyage avec AFS, ils m’avaient invitée à passer le nouvel an avec eux à la maison où nous avions tous vécus. Dans les dernières semaines j’ai donc préparé mon escapade à Chiba: achat de billets de bus (toujours avec WillerExpress!), d’un sac de voyage et de cadeaux pour mes hôtes. La journée même de mon départ (prévu pour minuit à la station de Nagoya), je décide donc de tout faire à pied [puisque je n’ai rien d’autre à faire]. Quelques kilomètres sous les souliers plus tard, j’ai les gâteaux à offrir, mon nouveau sac et enfin l’édition du mois de Janvier du magazine FUDGE. La science d’offrir des cadeaux à nos hôtes au Japon est assez élaborée. Même si vous n’allez que pour prendre le thé et bavarder, il est commun d’apporter un petit quelque chose comme des fruits ou des biscuits. Pour un séjour plus long, on offre un ‘miyage’ (mais souvent dit ‘omiyage’ (お土産) (je ne sais pas comment traduire ce mot… c’est une catégorie de cadeaux qui regroupe les cadeaux qu’on offre en souvenirs d’un endroit qu’on a visité, ou des cadeaux d’hôte… bref, on achète rarement à ces endroits pour soi ou pour sa maison puisque c’est assez dispendieux à comparé ce qui se vend à l’épicerie. C’est aussi souvent embalé individuellement, dans du joli papier.)) Comme chaque région du Japon a une spécialité culinaire, on recommande d’offrir ça, sinon un truc populaire et ‘à la mode’. J’ai opté pour deux magasins assez bien cotés recommandés par mon tuteur, qui se spécialisent dans les petits gâteaux français et une autre en confiseries japonaises. Y’en a pour tous les goûts!

Le voyage en bus s’est bien passé. Bon, c’est un trajet de nuit donc on part à minuit et on arrive à 7h du matin; j’étais assez barbouillée le lendemain matin en arrivant dans le stationnement du Tokyo Disney Land resort (le débarcadère, bien fichu au beau milieu de nulle part =_=). La température n’était pas top, genre de petite pluie juste ce qu’il faut d’agaçante pour vous tremper tranquillement jusqu’aux os.

Comme j’étais arrivée très tôt et que je ne voulais pas déranger ma famille d’accueil avant midi, je suis allée manger dans un petit café à la station de Chiba. Je vous jure, ça m’a donné tout un choc en sortant dehors. Bon, pas immédiatement parce que je suis sortie de l’autre côté de la station et que j’ai du marcher pendant une heure pour me retrouver de l’autre côté des rails (me demandez pas comment je fais, ça m’arrive pas mal souvent…). Je commençais à considérer de sauter par dessus la trame quand il n’y aurait pas de train, quand j’ai enfin vu un passage sous-terrain! Hop, déjeuner chez St-Marc Café et toilette rapide dans les WC du métro (une vrai clocharde!) et enfin, l’arrivée à la maison. Encore une fois, c’était tout un choc de retrouver ces rues tant de fois arpentées pour aller à l’école ou faire du magasinage avec mes amies de l’époque. Rien n’a vraiment changé, les buildings ont juste l’air encore plus vieux, avec leurs traces d’eau de pluie sous les fenêtres et les toits un peu plus croches. La ‘Junior High School’ de Hanazono a été détruite pour laisser place à une version plus moderne et plus solide qui résistera mieux aux gros tremblements de terre.

La maison est pareille à avant, toujours aussi calme et chaleureuse, bien décorée et avec cette odeur caractéristique. Comme la famille n’y passe qu’une semaine environ par année, la déco n’a pas changé depuis mon départ.

J’en avais parlé dans mon article sur nos retrouvailles en septembre, mais je reviens une fois de plus sur le sujet de nos relations. J’avais encore des appréhensions vis-à-vis de mon séjour prolongé (de quoi on allait bien pouvoir parler pendant ces 4 longues journées?!) mais une fois de plus j’avais tord; bon, c’est certain qu’on a pas des tonnes de sujets à aborder, mais leur simple présence m’a fait me sentir bien et relaxée. Pendant les repas je les écoutais raconter leur journée, on regardait la télé. Plusieurs fois on est allés visiter la grand-mère paternelle qui habite tout près dans un foyer pour personnes âgées. Elle aussi a à peine changé, toujours aussi souriante, avec cette odeur un peu caractérielle qui embaume sa chambre.

Je suis retournée rapidement voir l’école où j’étais inscrite pendant le programme; mais comme c’était le nouvel an, tout était fermé, pas un chat. J’ai eu beau attendre comme une personne un peu louche devant l’entrée, personne ne s’est montré. Ce sera pour une prochaine fois!

Le nouvel an en tant que tel a été très relaxe (contrairement à mes amies qui sont allées faire le décompte à Shibuya, où elles se sont presque fait piétiner par les gens complètements saouls en pleine rue qui hurlaient à plein poumon leur joie de changer de page de calendrier). On a mangé des gâteaux et regardé les émissions spéciales de fin d’année à la télé. Bon ok c’était un peu ennuyant, mais c’est aussi typiquement japonais comme manière de passer le nouvel an; ça, aller faire la fête en ville avec les copains ou aller au temple en pleine nuit. Le lendemain, bouffe traditionnelle du nouvel an (おせち料理)absolument DÉLICIEUSE de la première bouchée à la dernière.

Je les ais quittés le 2 janvier, avec la promesse de revenir lors de l’arrivée de mon père au Japon en mars, histoire qu’on aille boire des bières tous ensemble.

 

Balade dans la nature; Magome/Tsumago à pied, comme dans le temps!

Depuis le début des vacances, on a perdu le compte des jours tellement on en fait à notre tête. Un souper de noël par là, une balade en train par ci, magasinage et compagnie, BREF, on s’amuse.

Au début c’était plutôt pour s’occuper et un peu oublier qu’on étaient loin de nos familles; je ne compte plus le nombre de personnes qui m’ont confirmé ce fait. Pourtant, dès le 26 décembre, comme une sorte de placebo bien efficace, tout est rentré dans l’ordre (pour moi du moins). Soudainement le fait d’être loin ne m’attristait plus autant, le beurre de peanuts me semblait inutile. Et j’ai réalisé qu’il ne me restait que 8 mois ici! Attendez là, mais 8 mois c’est rien, ça va passer en un instant là!

D’où le soudain besoin de faire le plus de trucs possibles parce que le temps nous manque. Ok, je rends ça un peu plus dramatique que ça ne l’est vraiment, mais tout de même!

Alors donc, on décide de faire une expédition en forêt, dans la neige, aux frontières des préfectures de Gifu et Nagano! Lever bien tôt le matin vu qu’on met un bon 2 heures à se rendre (ne croyez pas le 1h15 de google maps, c’est un mensonge!!! ).

(Attention au son, je dois encore apprendre à parler moins fort quand je tiens la caméra…)

Et donc, on allait vers Kiso-Dani (Vallée de Kiso) afin de visiter une ancienne route de transport qui parcourait les montagnes de la région pendant l’époque Edo. Afin de répondre à la demande de la clientèle, des auberges puis de petits villages de relais se développèrent le long de cette voie. Magome et Tsumago en sont deux, et on peut aujourd’hui refaire le parcours des voyageurs dans les montagnes!

Le site de Japan-Guide.com disait qu’on pouvait visiter plusieurs attractions, mais nous n’avons rien vu de réellement ouvert ou simplement ‘invitant’… Peut-être en été? C’est vrai qu’il faisait assez froid (0°c) pour ce qu’on est habitués à Nagoya (10°c). N’en reste pas moins qu’on a passé un sacré bon moment. On a fait le plein de verdure, de neige et d’air frais pour le prochain mois!

Le trajet en tant que tel est assez simple, quoiqu’au début je me demandais si ça allait monter tout le temps comme ça, mais je me suis habituée et ai pris le rythme (ouf, ça aurait été humiliant). On a été surpris de savoir qu’il y avait des ours (!!) dans la région quand on a vu une grosse cloche à sonner ‘au cas où’. On a du en sonner proche d’une dizaine; je sais pas si la population d’ours des environs est assez basse, s’ils hibernaient ou si le son des cloches les ont effrayés, mais on en a pas vus (re-ouf).

Pendant la marche, je me plaisais à imaginer les gens qui avaient marché ici… jusqu’à ce qu’on voit des tombes! Puis j’ai commencé à imaginer plein de potentielles histoires d’horreur qui auraient pu arriver ici. Brr. Ne blâmez pas les films d’horreurs pour cette poussée d’imagination, mais plutôt la littérature classique japonaise: c’est truffé d’histoire de bandits et d’assassins de grand-chemin.

comme je vous disais – mise en situation!

On a donc marché… 8 km qu’on se disait, en 2 heures on a fini hein! Ohoh, jeunes fous! En 3h, on commençait à peine à sortir de la forêt, à apercevoir de petites agglomérations de maisons aux creux des montagnes (mais personne dans les rues…). Seule âme rencontrée sur le chemin: un homme qui s’occupe du refuge situé à mi-chemin entre les deux villes. Il s’agit d’une superbe vieille maison qui sent bon le bois brûlé. Il nous sert gentiment des tasses de thé avec des bonbons pour la gorge en nous demandant d’où ont vient, si on espère dormir à Tsumago ce soir, etc. Il note tranquillement nos pays d’origine dans un cahier alors qu’on écrit de petits messages en français, en anglais et en allemand dans le cahier des visiteurs (oui je sais, on étaient world-wide juste à nous 4; ça arrive souvent).

Au retour on étaient assez fatigués et on s’est tous endormis dans le train trop bien chauffé. Arrivés à la station Ozone, on est surpris de devoir marcher 3 coins de rue pour passer du train au métro, un peu grognons de se faire réveiller par le froid comme ça.

Le voyage nous a coûté environ 4000 yens (2900 pour l’allé-retour en train, 600 pour le bus nakatsugawa-magome, 400 pour le taxi de retour, on voulait pas attendre 1h15 pour le bus…). On a mangé un bol de soba faites à la main, bien chaudes, avec des ‘légumes de la montagne’ et des champignons incroyablement doux! (le tout à 1000yens)

Le « homesick-ness » et la relation avec les Japonais

Déjà 3 mois de cohabitation avec le système nippon; on peut dire que ça passe vite. C’est bientôt noël et depuis un mois environ on remarque vraiment la présence fréquente de sites décorés de lumières (les gens les appellent « iluminetion » (イルミネーション), peut importe ce que c’est: tout ce qui est décoré de lumières de noël est appelé à l’anglaise « illuminations »).

Avec le temps des fêtes, même sans la neige (qui me manque atrocement), on ressent une sorte de stimulation de notre envie de fêter noël, mais c’est tout le reste qui manque: la famille, la bonne bouffe, le sapin, les cadeaux, les robes achetées spécialement pour le réveillon, etc. Vous me direz qu’on peut tout faire ça ici, en remplaçant la famille par les amis mais c’est pas pareil. Bon.

Alors on trouve des remplacements; pour moi ça se retrouve surtout dans la bouffe, avec le beurre de peanuts mangé à la cuillère devant «Le Sapin a des Boules» ou dans un gâteau aux fruits dévoré en guise de repas avec un verre de lait (et après je m’étonne de prendre du poids! Ho moi…).

Faut dire que être (un peu) homesick est un peu étrange comme phénomène, surtout en groupe. On sait tous qu’on passera par là d’une manière ou d’une autre, mais on en parle presque pas entre nous. Peut-être pour ne pas s’encourager dans notre mal du pays, ou simplement parce qu’on a un peu de misère à mettre des mots sur le sujet. Parfois on en arrive à ce sujet et on s’est rapidement retrouvés à se languir de fromage gratiné et à être consterné devant tel ou tel comportement japonais.

Et d’abord, c’est quoi être homesick? Nan parce que toi oh jeune futur étudiant étranger ou oh toi personne qui n’a jamais quitté ton village, peut-être ignores-tu ce que c’est. Deux éléments importants pour repérer une personne en mal de son chez-soi:

  • Elle en parle beaucoup et multiplie les allusions à sa terre natale (ces exemples sont tous issus de ma propre personne): ah c’est Canadien ce truc – ça aussi!! ; tudiou je boirais un galon de sirop d’érable; au Canada là; au Québec là; j’m’ennuie de faire mes devoirs au Second Cup de Côtes-des-Neiges; etc. Elle a besoin de savoir que le lien n’est pas à jamais coupé et qu’elle reviendra éventuellement.

  • Elle est en rébellion (pas nécessairement constante) avec son environnement d’accueil. Critique, incompréhension, parfois aucun sentiment d’appartenance au groupe ou à la société, rejet du nouveau, isolement.

Bien sûr ces éléments (1) varient d’une personne à l’autre, (2) ne se manifestent pas toujours, et (3) ne sont pas les seuls à pouvoir être perçus; il y a aussi (pour les cas extrêmes (mais qui existent quand même)) la dépression, perte du sommeil, de l’appétit, etc.

Être homesick aujourd’hui a l’air d’avoir été relégué à un second plan par ceux qui s’engagent dans un voyage à long terme; on y pense pas avant de partir et on ne considère pas ça comme une éventuelle situation à devoir gérer. Et pourtant! On a aujourd’hui des trucs comme Skype, la poste (assez rapide, quand même, ne soyez pas précieux!), des magasins de produits d’importation assez bien fournis, etc. Je n’ai pas de raison à vous donner pour expliquer l’existence de ce phénomène de nos jours, juste quelques conseils:

  1. On est jamais assez bien préparé! Repérez les magasins d’importation près de chez vous et allez faire un tour; qui sait quand vous aurez une rage de tel ou tel produit qui vient de votre chez vous et que, miracle, il s’y trouve!
  2. Parlez-en! Ça commence tout tranquillement avec des pensées comme « ah je m’ennuie de Beloeil » et des envies d’aller vous promener sur la rue Mont-Royal puis ça se transforme en obsession de tout comparer avec le Québec. Faut se demander pourquoi on veut à ce point faire ça (mais qu’est-ce que ça me donnerait d’aller à Beloeil? RIEN), ce que ça nous donne réellement de tout remettre en question. Non parce que critiquer comment les Japonais gèrent, par exemple, leurs dortoirs universitaires (comme en vous réveillant à 7h30 du matin à grand coup dans votre porte pour que vous alliez triller les vidanges avec les autres filles de l’étage et qu’on vous laisse finalement (avec une expression WTF sur le visage) aller vous recoucher) ne vous apportera rien de plus: la situation/ la société/ l’organisation/ les gens/ etc, est comme ça et vous ne pouvez rien y changer. (Bon, on ne parle pas de situations abusives là, utilisez votre logique pour déterminer ce qui est supportable et ce qui ne l’est pas!) Ne vous laissez pas couler dans un refus catégorique de votre société d’accueil; vous gagnerez beaucoup plus à marcher sur votre égo et à observer plutôt que contester. 

Hahaha, je dis ça comme ça hein, mais c’est dur.

Ce blog est finalement utile à la populace…!

Je suis tombée sur la page des mots clés utilisés par les gens sur google qui les mènent vers ce blog; je dois dire que je suis agréablement surprise!

Comme vous le voyez, les gens ont beaucoup d’interrogations par rapport à la vie à Nagoya (ça se comprend!). J’avais accepté l’idée que j’étais pas assez hip et incroyablement intéressante pour pondre régulièrement des articles ici, mais attention, cette liste de mots-clés m’a montré à quel point le peuple a besoin de ce blog. Ne me remerciez pas.

Blague à part, regarder le peu de photos que j’ai prises jusqu’à maintenant me montre à quel point ma fibre conservatrice (de souvenirs) est faible et que j’ai déjà oublié cette obsession presque maniaque du temps où j’étais encore au Québec de regarder des photos anodines prises par des touristes ou des japonais d’éléments de leur quotidien. Rassurez-vous, je ne me suis pas encore inscrite sur Instagram (j’aimerais bien par contre, mais mon manque de caméra-mobile m’en empêche), vous ne verrez pas de photos de mes pieds de sitôt.

Et donc, je parlais de regarder les photos que j’ai prises jusqu’à maintenant, en même temps de penser également aux conversations qu’on a depuis environ 2 semaines avec les copines, et on se rend compte d’une chose: on ne profite pas assez du pays d’accueil. Attention, pas qu’on reste chez soi à regarder des séries à longueur de journées (bon ok, ça arrive assez souvent aussi…) mais plutôt, on choisi des activités bien peu lucratives. Depuis un mois, on accumule les party, les nomitabehoudai (all you can eat/ drink en 2 heures) et les soirées au ID Club ou au Genz dans Sakae où ont dance toute la nuit pour revenir en taxi ou en métro à 6h du matin. Bref, vous voyez le genre: on dépense beaucoup d’argent là où c’est au final pas très enrichissant culturellement à long terme. Quoiqu’on ne soit pas les seuls; les night clubs de Nagoya sont bondés d’expatriés, jeunes et moins jeunes.

Et à parcourir le blog de Rill, je me suis sentie bien moche de ne connaître que mon petit coin de Showa-Ku (et encore!) ou Sakae, Osu et Mei-eki (surnom de la station de Nagoya). Bien sûr, on a voyagé un peu en ces quelques mois passés au Japon, mais si peu! Sans compter que ce blog est inactif depuis 2 mois; bref, je me rattrape pour ce laps de temps et planifie quelques escapades dans la nature pour vous ramener quelques trésors d’anecdotes.

Asuke Matsuri et bain public

***Special thanks to my friends who let me use their pictures for this post, since my camera was out of batteries as soon as we got in Asuke*** Merci tout particulier à mes amies pour leurs photos, vu que la batterie de ma caméra est morte dès qu’on est arrivés à Asuke***

Une de nos profs nous fait un topo à chaque semaine des activités culturelles importantes de la région pour les prochaines fin de semaines; elle nous proposait cette fois d’aller en groupe au Asuke Matsuri, connu pour les tirs de fusils (pas vraiment chargés) et la procession des mikoshi à travers la ville.

Petit résumé d’éléments clé d’un matsuri bien japonais (s’il en manque, n’hésitez pas à le mentionner dans les commentaires!):

  • Le Mikoshi: Je ne connais pas vraiment sa signification, mais il est habituellement transporté dans la ville pendant les matsuri sur un char bien décoré et laissé au temple pendant l’année. On m’a dit que c’est « la maison de l’esprit local », mais je ne sais pas ce que vaut cette information. Sur la photo, vous pouvez voir les gens qui traînent cette immense tour (le mikoshi posé sur le char) qui sont généralement des hommes âgés d’une 40-50 aine d’années, ceux qui sont sur le dessus et qui essaient de motiver la foule à profiter du festival et à s’amuser en dansant et en chantant, qui sont généralement âgés d’une 20aine d’années, et finalement ceux à l’arrière qui aident à faire tourner le char (il y en a aussi au devant, mais on ne les voit pas, ils sont collés sur les roues) et ceux qui tiennent les cordes à l’arrière, afin de faire freiner le char; quoique c’est ma déduction, leur rôle me semble bien inutile puisqu’ils étaient environ moitié-moins qu’en avant et étaient sensiblement plus vieux en âge. Allez demander à 15 monsieurs d’environ 65 ans de retenir un char de cette grosseur en cas d’urgence, sans rire. La procession est cependant précédée des chefs de famille du village (de ce que j’ai compris des explications d’une vieille dame) qui sont clairement plus âgés que les autres, au moins la 70aine.

  • La bouffe de festival: tout simplement à mourir de bonheur, bien grasse et bien goûteuse comme on les aime. On retrouve généralement des calmars grillés, des takoyaki, okonomiyaki, saucisses sur bâtons, frites, yakisoba, pommes en sucres, etc etc. Deux que je n’avais jamais vu: les crèpes à la crème fouettée et fruits et la barbe-à-papa (avec des sacs imprimés avec les personnages préférés des jeunes et moins jeunes, comme One Piece et AKB48. 

Et donc, après un voyage d’environ 1h45 pour nous rendre sur le lieu du festival, nous arrivons dans un village typique du Japon actuel; les gens y sont bien différents des spots populaires comme Tokyo ou Nagoya. Moins fashion, plus bronzés, plus d’enfants qui courent partout (et pas qu’habillés en uniforme scolaire), des vieilles dames qui nous accostent et nous font la jasette, etc. Et des arbres, des champs et des rivières à vous couper le souffle!! Ah! Je m’aperçois que m’ennuie de la verdure libre et des bruits de la nature.

Le Asuke Matsuri étant assez petit, en 2h30 environ on avait vu le principal des activités, soit, le mikoshi, le tir des fusils (cliquez pour regarder une video trouvé sur youtube; attention au son!), les démos d’arts martiaux et manger. Mais c’est plus que ça un Matsuri, y’a aussi l’atmosphère vraiment festive et, bien que parfois tachée de la présence de types ivres à midi, et franchement joyeuse de la foule. Les familles sont au complet dans les rues, on peut voir des amis discuter ensemble, des enfants faire leur crise à leurs parents, etc.

«Papy fait de la résistance» version nippon

Aussi, en tant qu’étranger dans un Matsuri de région comme ça, on a droit à notre lot d’attention (eh oui, ne passe pas inaperçu un groupe comme le nôtre, avec au moins 3 blondes et une rousse). Un bon 3-4 personnes ont demandé à prendre des photos soit de nous ou avec nous. Un vieux monsieur semblait vraiment obsédé par le fait que j’achète un mamori (守り) (petit badge de protection/ gage de succès dans mon travail ^^!). Ne reste qu’à espérer que ma tête n’aboutira pas dans une collection personnelle un peu bizarre (je préfère pas y penser en fait).

Mais bon, l’effet contraire est tout aussi courant et on en a profité un peu je dois dire… m’enfin.

Mais ils avaient l’air généralement contents de poser avec/ pour nous donc…. je ne regrette rien!!

les comiques du village

faut voir la tête des autres en arrière qui se marraient bien de leur gueule

Et puis on s’est dirigés vers la forêt pour y marcher dans les sentiers, admirer le paysage, visiter un temple bouddhiste et un ancien village maintenant convertit en site touristique très intéressant. Le prêtre nous a fait visiter le temple de fond en comble, alors qu’on était même pas annoncés!

C’était vraiment un endroit magnifique, conservé (selon notre guide) de la modernisation du Japon et du Bouddhisme en général (bon, on repassera sur le niveau d’endoctrinement de l’individu; on écoute et on prend ce qui nous plaît dans ses explications). N’en reste pas moins qu’ils ont l’air de mener un sacré mode de vie dans le genre silencieux et bien calme, agrémenté de méditation, de tasses de thé et de confiseries à l’anko dégustées en regardant le jardin (j’imagine et  je le leur souhaite). L’endroit n’avait rien de particulier, autre que d’inspirer le calme et d’être très très frais.

(aucune photo du temple; c’est généralement peu recommandé de prendre des photos des lieux de cultes, à moins d’y être incité par votre hôte ou d’avoir demandé la permission. Pas que vous risquiez la déportation, mais ça pourrait être insultant pour les fidèles, même s’ils ne vous le laissent pas voir).

Puis le village, Sanshu Asuke Yashiki, dont nous avons visité toutes les maisons. Mais. Il se faisait tard et l’envie n’y était plus trop; quoique le peu d’artisans avec qui nous avons pu discuter étaient très intéressants à entendre parler de leur art. Vraiment recommandé si vous passez dans le coin!

Vers 15h30, la prof et la majorité du groupe sont retournés à Nagoya. Myriam et moi avons plutôt décidé de retourner au festival puisqu’on espérait vraiment voir la 2e procession des mikoshi, de nuit, avec toutes les lanternes allumées. Malheureusement, ils tiraient encore des coups de fusils et ça nous a achevées; on a pris le bus suivant pour aller se prélasser au Sentô de la station Josui.

Comme c’était sur un coup de tête, on avait rien amené, ce qui a fait monter le prix d’entrée à 800yens (500 pour l’entrée et 300 pour la location de serviettes). Bon; ça nous a un peu refroidies, mais quand on est entrées dans la salle des baignoires on a rapidement oublié le prix!

L’endroit était rempli de femmes de tous les âges (quoique prédominance 35 ans et plus) et d’enfants qui les accompagnaient. Pour ceux qui se posent encore la question, un sentô (洗湯)est un bain public! Aujourd’hui, ils sont plutôt des endroits de détente souvent assez sophistiqués et parfois même recherchés pour leurs services de massage, sauna, activités en tout genre. Autrefois, comme la majorité de la population (jusque dans les années 70) n’avait pas de baignoire, la visite au sentô du quartier faisait partie de la vie quotidienne. (Pour une excellente histoire et description de ce que représente le bain public pour le coeur traditionnel des japonais, je vous recommande cet article dans le JQR Mag (en français!)).

Au début c’est assez gênant, mais on s’y habitue rapidement. Le sentô a un pouvoir de détente incroyable et les changements de température des différents bains et sauna ne fait qu’aider en ce sens. Encore une fois, si vous allez au Japon, de grâce, ne passez pas à côté du Sentô!